Projet de Genève : Blogs à l’école

Publié 31 octobre 2006 par ginettelavigne

Un rapport d’activités d’un projet « Blogs à l’école » pour l’année 2005-2006 a été rédigé à Genève (Service Ecoles-Médias), par Jean-Claude Domenjoz, Charles Lachat avec la collaboration de : Stéphane Métral et Raymond Morel, directeur de projet.

Fichier pdf, 712 Ko à l’adresse:

http://wwwedu.ge.ch/sem/doc/blog_rapport_0506.pdf#search=%22typologie%20blogs%20educatifs%22

Ce compte-rendu de 22 pages décrit les expériences de blogging à une école de Genève, qui auraient débuté au printemps 2005 dans un climat plutôt difficile à cause de l’utilisation non sérieuse et irresponsable qu’en avaient fait quelques jeunes au cours des années précédentes en France,  et qui, dans certains cas, avaient même causé des problèmes avec des enseignants.

Mon résumé personnel de ce rapport "Blogs à l’école":

Par le projet « Blogs à l’école », ils voulaient aller au-delà de ces inconvénients d’événements passés et au-delà des expériences déjà réalisées dans les écoles en France et au Québec. Ils voulaient vérifier si cette technologie (le blog) pouvait servir les apprentissages disciplinaires et transdisciplinaires des élèves de Genève. Autrement dit, ils voulaient voir s’il y a des possibilités, en utilisant les blogs, d’éduquer les élèves à leur usage pour une utilisation plus responsable sur le réseau public : Internet.

Pour éviter la dérive potentielle, ils ont pensé qu’une expérimentation limitée dans un contexte local genevois semblait s’imposer. Le but de l’expérimentation était aussi de faire comprendre à la communauté éducative, ce qu’étaient réellement les blogs en distinguant leur côté technique de leur impact socioculturel.

Le projet d’expérimentation comme tel :

« C’est ainsi qu’un projet prospectif a été imaginé, devant faire participer 2 ou 3 classes et leurs enseignant-e-s (1 au moins par classe). Un souci particulier a été apporté à l’encadrement (2 personnes en plus du responsable de projet), de manière à organiser un suivi et à coordonner les équipes « du terrain ». Un calendrier et des objectifs à atteindre chaque trimestre faisaient partie intégrante du projet ; le pilotage institutionnel était assuré par des rencontres périodiques avec la direction du SEM, ainsi qu’avec les responsables des services de l’enseignement des directions générales concernées. »

Le projet aurait bien fonctionné, le plan initial et ce dispositif ont pu être respectés pendant toute la période scolaire, par contre une seule classe et un seul enseignant ont vraiment été disponibles pour mener ce travail à terme.

« L’objectif du projet consistait à mener une réflexion basée sur une expérimentation de projets pédagogiques portant sur la maîtrise de nouveaux services internet afin de dégager une stratégie adéquate concernant l’enseignement et l’apprentissage avec les médias et par les médias (voir Extraits du projet Blog à l’école, 9/5/2006, dans les annexes).

Les 13 priorités du DIP1 ont été prises en compte et examinées dans le projet

« Blogs à l’école » sous forme de questions-clés. Elles sont reprises dans le présent document dans la section Les activités menées ont concerné un large éventail de questions-clés. »  (page 2)

 

La classe qui a participé à l’expérience « Blogs à l’école »

« La classe du SCAI qui a participé à l’expérience « Blogs à l’école » était une Classe

d’insertion professionnelle atelier (CIPA) caractérisée par la présence d’élèves aux profils

très hétérogènes, en particulier en considération de leur niveau linguistique en français.

L’emploi du temps des élèves comportait 2 jours d’atelier au Centre horticole de Lullier.

Aucun-e élève ne disposait d’un PC à domicile.

Cette classe a connu au cours de l’année de multiples arrivées et départs d’élèves. Le cours de français lui-même compte parmi ceux où la variété des activités possibles est des plus élevée. De plus, le blog mis en place n’avait pas pour vocation, dès l’origine, de refléter l’ensemble des activités de la classe. Aussi ne devra-t-on pas s’étonner de trouver ici décrites de multiples activités, souvent partielles, tributaires de contingences fortes, et relativement peu systématiques [4]. »  (page 7)

 

Intentions pédagogiques de l’enseignant titulaire de classe

« Chaque séquence pédagogique devait être l’occasion de faire travailler les élèves sur des

notions de français. L’usage des blogs devait aussi donner lieu à une importante action de

sensibilisation sur les comportements nécessaires ou souhaités avec l’internet.

Dans une page du Twiki du SEM, Stéphane Métral donnait le 1er septembre les intentions de

son projet pédagogique et apportait quelques indications sur les activités qu’il entendait

mener :

– activité sur le thème de l’identité (se présenter, se décrire physiquement, réagir à des

billets de ses camarades) ;

– montrer le travail que les élèves effectuent dans le cadre de l’atelier «vert» à Lullier ;

– préparation des entretiens avec les patrons ou à l’OFPC ;

– activité d’entraide à l’apprentissage entre les élèves (acquisition de notions de français) ;

– réactiver le journal du SCAI sous la forme d’un blog. » (page 7)

 

[4]  Voir «Caractéristiques de la classe», annexe 2 du rapport  "Blogs à l’école"

http://wwwedu.ge.ch/sem/doc/blog_rapport_0506.pdf#search=%22typologie%20blogs%20educatifs%22

Service Ecoles-Médias Projet «Blog à l’école» 2005-2006

 

Les six types d’activités réalisées avec la classe

L’étude des nombreuses activités déployées par Stéphane Métral avec sa classe sur le blog dans le cadre de ce projet se ramène à six activités :

 

Les six types d’activités développées :

Prolongation du travail réalisé en classe (1)

Réalisation de projets pédagogiques (2)

Chronique de la vie de la classe (3)

Elaboration d’un carnet de route (difficultés, progrès, découvertes) (4)

Réflexion sur sa pratique professionnelle (5)

Journal de la vie quotidienne de l’établissement (6)

 

Selon le rapport, chacune de ces activités a été menée de manière plus ou moins systématique mais montre bien la variété des usages possibles des blogs dans un cadre scolaire.

Ils leur semblent, cependant, utile de distinguer les activités qu’un ou une enseignante met sur pied pour ses élèves de celles où il agit en tant que professionnel indépendamment de son travail pédagogique (par exemple en participant à un blog de réflexion sur sa discipline, ou en mettant des ressources à disposition d’une communauté professionnelle).

Ils notent aussi qu’un blog peut aussi être utilisé au niveau de l’établissement pour mettre en évidence un projet d’école, pour présenter des travaux d’élèves, ou encore une chronique de la vie dans l’établissement.

 

Résultats

Voir le blog du SCAI : http://p7app.geneve.ch:8007/b2evolution/blogs/index.php

Mon résumé : Si une telle profusion d’activités a pu être mise en œuvre par une seule personne, c’est au prix d’un certain manque de systématique et de suivi. Cependant, il faut noter que la très grande variété des usages des blogs (les six types d’activités ainsi que des modalités que ce rapport aura peine à toutes recenser) produit un effet extrêmement positif dans la phase initiale de ce projet compte tenu qu’une seule classe et un seul enseignant y ont participé. La richesse des pistes suivies permet de mettre en évidence les potentialités pédagogiques très grandes des blogs dans un contexte éducatif. Nous proposerons quelques recommandations à la fin de ce rapport dans la perspective d’un déploiement à plus grande échelle du projet «Blog à l’école». »

 

Esquisse d’une typologie des usages des blogs dans le cadre scolaire

Pour l’établissement

Diffusion d’informations administratives concernant l’établissement

Journal de la vie quotidienne de l’établissement (6)*

Présentation de réalisations des élèves

Reportages photos de sorties ou de manifestations

Article du corps enseignant

Services aux élèves et parents

Ateliers de devoirs et d’exercice en ligne

Échanges scientifiques ou linguistiques

Échanges entre membres du corps enseignant

 

Pour l’enseignant

Mise à disposition de ressources pédagogiques

Réflexion sur sa pratique professionnelle (5)

Élaboration d’un carnet de route

 

Pour l’enseignant dans sa classe

Mise à disposition d’informations pratiques sur le cours

Prolongation du travail réalisé en classe (1)

Offre d’activités pédagogiques

 

Pour la classe (les élèves)

Chronique de la vie de la classe (3)

Diffusion de productions d’élèves

Réalisation de projets pédagogiques (2)

Communication entre les élèves entre eux et avec leur professeur

Communication avec l’extérieur

Débat par le truchement d’un forum

Gestion de listes de questions-réponses (FAQ)

 

Pour l’apprenant

Élaboration d’un carnet de route (difficultés, progrès, découvertes) (4)

Élaboration d’un portfolio de travaux

Environnement pour faire ses devoirs

«Web log» signalant des ressources intéressantes

 * La numérotation renvoie aux six activités réalisées identifiées plus haut. Service Ecoles-Médias

Voir dans ce rapport les répercussions positives que ces expériences ont eues sur les élèves, tels la progression du français et le développement de l’autonomie et de la conscience de soi.

Voir aussi les six recommandations d’usages à grande échelle et une esquisse de stratégie :

Propositions pour des usages à plus grande échelle prenant en compte les résultats de cette première expérience

(page 19)

Esquisse des contours d’une stratégie visant à la maîtrise de nouveaux services pour enseigner et apprendre

(page 20)

 

Conclusion

Mon résumé de leur conclusion:

Malgré des expérimentations réalisées dans des conditions différentes de celles prévues initialement, le caractère particulier de la classe dans laquelle s’est déployé le projet laisse présager, que dans des classes plus « standard » (avec plus d’élèves), des échanges et des contributions seraient plus nombreuses entre élèves et entre enseignant-e-s et élèves. Une extension à des groupes plus importants serait un facteur de dynamisme accru spécialement si la grande majorité dispose d’une connexion Internet à domicile.

Dans un processus axé sur la pédagogie et les apprentissages, publier sur le Net, même s’il contribue à la motivation, n’est pas suffisant. Il faut une diversification des espaces de travail dont la hiérarchie sous-jacente permettra de reproduire en réseau des activités propres à l’organisation des apprentissages (consignes collectives et individuelles, travail personnel ou en groupe, visibilité ou non du travail de chacun au sein du groupe, travaux évolutifs dans le temps avec des phases de brouillon, de mise au Net, de corrections et d’améliorations successives).

« La mise en réseau de ces activités est une invite à la prise d’initiative de la part des élèves autant qu’à l’identification du rôle de chacun au sein du groupe. Enfin, en douze mois, la vision institutionnelle a changé par rapport aux blogs. La méfiance d’origine, issue de « dérives » qui ont donné mauvaise presse à cette technologie, a fait place progressivement à une attitude plus ouverte, mais nécessairement toujours critique. Une meilleure compréhension de la technologie elle-même, mais surtout des ouvertures pédagogiques qu’elle autorise, n’y est pas étrangère. » (page 21)

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