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Tous les articles du mois de mars 2006

Profession enseignante et culture de réseau

Publié 28 mars 2006 par ginettelavigne

Au Québec, il se produit en ce moment beaucoup de discussions au sujet des réformes scolaires, des changements majeurs en éducation, y compris la remise en question de la définition et du rôle de la profession enseignante comme telle.

 

J’ai écrit cet article dans le but de me familiariser un peu avec cette problématique pour justement trouver des arguments qui pourraient être utiles à prouver que les blogs font parti des outils et des moyens mis à notre disposition pour favoriser des échanges sous différents aspects.

 

D’abord, j’ai pu trouver plus facilement des informations à ce sujet grâce à d’autres blogs ou sites Web qui ont déjà fait une synthèse ou qui présentent des faits écrits et multimédias. J’ai, par le fait même, bénéficié du travail de bénévoles et de leurs trouvailles pour comprendre ce qui se passe présentement au Québec et dans quelques pays sur la planète. La Finlande*, par exemple, étant celui qui obtient les meilleurs résultats, pourrait éventuellement, selon certains, servir de modèle comme systèmes éducatifs, ou du moins, en inspirer plusieurs. La chose n’étant malheureusement pas si simple…* Voir les références à la fin de l’article.

 

J’ai pu aussi, par l’intermédiaire de ce blog, donner une petite opinion personnelle à ce sujet, qui pourrait, peut-être, dans un élan communautaire, donner un nouvel essor ou appuyer des idées déjà émises par d’autres personnes intéressées. Bien que ce ne soit pas toujours des opinions d’expert, le bon sens et la réflexion apportent habituellement des bénéfices à toute recherche. La communication et le partage d’idées sont très importants, au fond, tout ceci dans le but d’appliquer un jour des solutions concrètes et profitables au milieu éducatif en général.

  

Communauté d’édublogueurs

Développer une culture de réseau en éducation pour vaincre l’isolement.

 

En novembre 2005, Mario Asselin, nouvellement associé à Opossum et anciennement directeur d’une école primaire située à Québec, plus précisément l’Institut Saint-Joseph, avait écrit sur son blog un article: Le cercle des enseignants qui bloguent s’agrandit.

 

Il affirme que lorsqu’il a commencé à bloguer (octobre 2002), il n’y avait que très peu de blogueurs francophones. Par contre, à la fin de l’année 2005, il constatait qu’il y en avait tellement qu’il ne pouvait plus tous les recenser. François Guité*a tenté de le faire en proposant une carte des edublogueurs.

 

* Son blog est très intéressant et je vais m’en servir dans un prochain article pour expliquer les comportements des professeurs/élèves lorsqu’il s’agit d’utiliser les TIC ou les blogs en éducation.

 

M. Asselin ajoute qu’il est difficile de rassembler tout le monde mais que c’est quand même une belle initiative de sa part. Si l’on revient au contenu de son article, il nous renvoie vers des blogs de jeunes enseignants qui nous livrent leur expérience et partagent leurs idées dans le but d’améliorer leurs conditions de travail et la pédagogie en général.  Ces personnes qui osent se joindre à un réseau public « la blogosphère », forment peu à peu, grâce à leur sujet, ce que l’on peut appeler une communauté de blogueurs en éducation, ils osent, si l’on peut le dire ainsi, vaincre l’isolement.

 

D’autres blogs sont aussi proposés dans cet article mais le plus important pour M. Asselin semble être ce qui suit :

« …c’est cette multiplicité qui créera la masse critique si importante pour développer une culture de réseau forte permettant de mutualiser des pratiques dans un domaine l’isolement n’est plus une option (si elle en a déjà été une). »

 

Cet article est intéressant car il nous démontre qu’il y a une réelle volonté d’utiliser le blog non seulement comme outil pédagogique mais dans le sens de partager ses réflexions et de vouloir organiser des communautés de blogueurs en éducation. Cette recrudescence soudaine est favorable au développement de l’outil comme tel mais peut aussi servir d’instrument de veille dans le but d’améliorer les conditions des enseignants et de trouver des solutions concrètes, simples et logiques sans passer par une bureaucratie à ne plus finir.

 

Certaines personnes ont vu dans les systèmes d’éducation de l’École Finlandaise la solution à tous les maux, je ne suis pas tout à fait de cet avis. Chaque pays a développé sa propre culture et doit trouver ses propres solutions. Un système qui fonctionne ailleurs n’est pas nécessairement bon pour le Québec. Par exemple, on a qu’à mentionner l’importance du métier de professeur en Finlande, les gens se sentent valorisés, c’est le contraire qui se passe au Québec, la profession souffre justement de dévalorisation. Les Finlandais peuvent accepter des conditions salariales moindres et des exigences de formation plus grandes, ce témoignage d’un professeur nous le démontre bien :

 

… « Je serais plus riche si j’avais étudié en économie, lance-t-il, mais ce ne serait pas aussi excitant. Ici, en Finlande, le rôle des professeurs est vu comme quelque chose d’important et c’est ce qui me plaît. » [source  

 

La suggestion de l’abolition des commissions scolaires au Québec est aussi au menu dans le but, si j’ai bien compris, de permettre d’administrer des budgets par les écoles elles-mêmes. Encore une fois, d’après moi cette solution déplace un problème pour en créer un autre. Il y a toujours « des plus et des moins », l’abolition va profiter à certains et nuire à d’autres. Je me souviens, dans les années 60-70, mon père, Raymond Lavigne, était transporteur d’écoliers et avait mis sur pied dans sa région, avec d’autres membres, l’association l’ATEQ (Association des Transporteurs Écoliers du Québec). J’ai d’ailleurs, un trophée derrière moi qui témoigne de leur acharnement à vouloir défendre leurs droits et protéger justement les propriétaires de transports scolaires dans les régions éloignées comme l’Abitibi-Témiscamingue.

Il est écrit sur ce trophée :

1967

Trophée canadien

À LA RÉGIONALE LA PLUS DYNAMIQUE DE L’ATEQ

 

Je m’en souviens, car l’on devait partager de temps à autre notre petit appartement à Rouyn pour les assemblés de l’ATEQ, mon père a beaucoup travaillé dans l’ombre pour cette cause, et il n’est pas le seul. Si de nos jours, l’on profite de certains avantages, c’est grâce à des gens qui se sont donnés à des causes et qui ont fait du bénévolat sans en être nécessairement glorifiés. Cela prouve une fois de plus que n’importe quelle cause peut être défendue avec des gens passionnés qui ont à cœur de vouloir améliorer la société et de ce fait, leur propre sort.

 

Je trouve le mot « abolir » un peu drastique comme solution, les TI, les technologies de l’information offrent maintenant des moyens à prendre pour résoudre des problèmes à la source, appliquer des méthodes pour les analyser et trouver des solutions appropriées afin d’améliorer les situations. Cela fonctionne pour des entreprises, alors pourquoi pas pour les organismes impliqués dans le milieu éducatif. Au Québec, le cheminement qu’a suivi le système d’éducation est particulier, en écoutant des témoignages concrets d’enseignants et la conférence de Maurice Tardif, j’ai compris pourquoi nous en sommes arrivés là, c’est-à-dire à une dévalorisation du métier de professeur et l’abandon de plus en plus marqué de la profession d’enseignant. Pour plus d’informations, lire la suite …

 

 

Profession enseignante

 

J’ai écrit un article dans le blog collaboratif d’essai, Profession : enseignant. Il est question du témoignage de personnes impliquées dans le milieu nous faisant parts des conditions dans lesquelles elles doivent travailler actuellement (courte capsule vidéo de quelques minutes (5:45), des propos recueillis par la journaliste Nathalie Roy pour l’émission télévisée : Dans la mire .com.)

 

Article : « Profession : enseignant », 20 mars 2006

Mini reportage : Les réalités des professeurs en enseignement

 

Dans ce même article du blog collaboratif d’essai, il est question d’une vidéo conférence de 46:06 minutes enregistrée lors du colloque sur l’insertion professionnelle des enseignants tenu au Centre des congrès de Laval au Québec en mai 2004.

 

 

Conférence d’ouverture de Maurice Tardif directeur du CRIFPE, professeur à l’Université de Montréal, spécialiste de l’évolution de la profession enseignante et de l’étude du travail des enseignants : Devenir enseignant : mouvance entre l’histoire et l’avenir d’une profession. (46:06 minutes).

 

 

J’ai résumé en mes propres mots une partie du contenu de cette conférence : (pour plus d’exactitude des propos tenus, écoutez la conférence, il peut y avoir des lacunes et des erreurs d’interprétation de ma part).

 

M. Tardif nous décrit d’abord le plan de la conférence, puis donne une définition de l’insertion professionnelle des enseignants, qui selon lui, est plutôt un processus temporel qui s’étale entre le choix d’une carrière jusqu’à l’obtention de la permanence. Il y a trois éléments distincts à tenir compte dans ce processus :

·          Les caractéristiques de la profession. Dans quoi s’engage-t-il? (Un point de vue objectif)

·          Les idées et valeurs qui définissent son rôle dans cette profession. Quel est son rôle social? (Un point de vue subjectif)

·          L’accueil de la profession. Est-il appuyé ou il se débrouille tout seul?

 

Dans un contexte un peu historique, l’auteur retrace le portrait d’histoires personnelles des enseignants du Québec des années 1840 jusqu’à nos jours. Il veut mettre l’accent sur l’absence de plan d’insertion des nouveaux arrivants dans le métier qui a toujours fait défaut dans les systèmes éducatifs.  Il nous donne les faits, et par le fait même, explique les causes et le pourquoi. Les modèles éducatifs des années 1840, d’abord influencés par les vertus morales et les contraintes religieuses, reposaient surtout sur le respect de la routine, la débrouillardise, autrement dit, on apprenait sur le tas, sans aide et tuteur. « Tenir sa classe était essentiel », il n’y avait pas de place pour l’accueil de la nouveauté.

 

Après les années 1950 jusqu’aux années 80, il y a eu le transfert du milieu rural vers le monde urbain, l’époque du développement de l’école secondaire au Québec, la venue des hommes dans l’enseignement, l’école normale, les enfants bien vêtus, etc. Ce sont les « 30 glorieuses », l’expansion des écoles, le boom démographique des bébés boomers. C’est la révolution tranquille, on engage maintenant les enseignants. L’enseignement devient une profession stable, il y a  une augmentation des conditions salariales. Le travail devient valorisé, avec la syndicalisation, l’on échappe à l’arbitraire en bénéficiant de conditions moins autoritaires et restrictives. C’est le phénomène de mobilité sociale. Par contre, le métier exige un plus grand  investissement, des études de 3 ans d’université. L’on obtient une spécificité du métier protégé contre l’ingérence des « sans formations ». Quittant l’influence de la religion, une vague de changement de valeur s’impose, telle la démocratisation, qui elle, fait maintenant partie de la nouvelle société québécoise. Une époque fortement marquée par l’enthousiasme professionnel, la croissance des écoles et les nouveaux systèmes ou programmes éducatifs.

 

Au cours des années 1960-70, de nouveaux rapports aux élèves, non autoritaires, contribuent au développement de programmes basés sur leur accompagnement dans un cheminement particulier. L’on constate que des modèles de programme du type « constructivisme » existaient déjà à cette époque. La syndicalisation apporte les règles d’ancienneté, ça prend des permis pour enseigner, autrement dit, le processus est standardisé mais l’accueil des nouveaux enseignants est toujours déficient, c’est le système « D » qui a la priorité. Il n’y a aucun mécanisme d’insertion pour eux, ils sont seuls et doivent se débrouiller.

 

Les années 1980-90, les enseignants doivent travailler à contrat, la clientèle scolaire devient plus hétérogène car on laisse entrer tout le monde à l’école. Il y a donc plusieurs profils très différents, des postes permanents se ferment, il y a en a de moins en moins, la précarité des emplois s’installe peu à peu pour atteindre 45% des enseignants. Cette époque connaît aussi les grandes crises budgétaires. En 1982, il y a de nombreuses coupures de salaire, en 1990 et en l’an 2000 aussi. La bureaucratisation s’accentue, tout est surveillé au minutage près, une vision technique du métier prend corps, le déclin de la profession s’en suit ainsi que la perte du prestige de « l’école », de la valeur des études comme telle. Dans le privé comme dans le public, l’école est confrontée à des valeurs de performances et de compétitions. L’on assiste à un recul des valeurs libres et innovatrices, influencé par les entreprises, on se base plutôt sur l’efficacité, cela provoque l’apparition des programmes par objectifs, rigides et très structurés. Il y a confrontation d’idéologie. Anciens et nouveaux enseignants sont normalisés par les syndicats, les emplois sont de plus en plus précaires, ça prend maintenant 15 ans avant d’être permanent, donc on lâche le métier, l’accueil est informel. Pourquoi aider les jeunes enseignants si les emplois sont précaires? C’est encore une problématique, il n’y aura pas de culture d’appui pour les nouveaux arrivants.

 

Pour conclure, en l’an 2004 (année du colloque), « Y aura-t-il, en ce sens, plus d’engagement? » Le recrutement a repris le même scénario et les renouvellements sont imprévisibles, personne ne donne le même son de cloche, des carrières s’ouvrent et se ferment, où s’en va la profession ??? Les exigences de formation s’accroissent pour les candidats, les études sont plus longues et les investissements plus grands, au moins 17 ans de scolarité. La précarité des emplois est encore à 38% des enseignants et cela peut prendre encore 7 à 10 ans avant d’obtenir un statut permanent. De plus lorsqu’ils sont en fonction, ils ont à porter sur leurs épaules beaucoup plus que par le passé les responsabilités de l’état, les charges de travail sont lourdes, émotives, diversifiées et complexes. Ils ne bénéficient d’aucun soutien, ils sont encore isolés, surchargés par des réformes importantes, par des curriculums centrés sur la matière et l’apprentissage, par des rôles multiples à jouer, genre caméléons, et toujours sous pression par la compétition, le mouvement professionnaliste, le patricien capable de réfléchir et d’innover…

 

Le colloque met en évidence les faits qui empêchent encore les pratiques d’insertion des nouveaux enseignants qui pourraient justement favoriser la remise sur pied de la valorisation de la profession, du métier d’enseignant. Un métier, qui pourtant, est si important, et tellement fondamental au développement de la culture, il s’agit de l’avenir de la société québécoise.

 

Ma conclusion personnelle :

 

La conférence de M. Tardif m’a beaucoup touchée, bien que je ne sois pas directement concernée par le métier d’enseignant, j’ai pu constater l’ampleur du problème et je sympathise avec les professionnels de l’éducation. À prime abord, le cœur du problème, je crois, se situe au niveau de la définition du métier et de son statut de permanence dans la société. Vous allez sûrement penser que la mode « à contrat » touche plusieurs domaines de profession, et vous avez raison. Mais le métier de professeur est exigeant à cause de l’ampleur des responsabilités qu’il comporte. À l’instar des parents, le professeur forge la société, développe la culture et fabrique, si l’on peut dire, des gens qui seront solides, forts, droits, capables… ou le contraire.

 

Sans tomber dans une moralité exagérée, il ne faut pas oublier qu’une société est faite d’individus, que ceux-ci sont bons ou mauvais selon ce qu’ils ont appris. Là se situe vraiment la tâche et le rôle premier des éducateurs, les connaissances sont essentielles et nécessaires mais le développement de l’individu, à tous les niveaux, est capital. Qui sont mieux placés dans la société pour jouer ce rôle? Les parents et les professeurs, selon moi. Ils jouent un rôle de base au développement de l’enfant qui plus tard, sera un individu formant une société capable d’être heureux, ou malheureux, selon le cas.

 

Certains veulent dissocier les tâches de responsabilités de l’état au métier d’enseignant, c’est vrai, ils doivent recevoir l’appui de gens des autres métiers, et ne pas, comme c’est souvent le cas aujourd’hui, se taper tous les problèmes du manque de la société actuelle. Il faut obligatoirement une organisation, une structure, un encadrement même si l’on parle de liberté, tous doivent regarder dans la même direction, le but; devenir meilleur, non seulement plus performant mais solidaire, travaillant à développer le bien être de la société.

 

Tous seront sûrement d’accord pour dire qu’il y a urgence d’aboutissement de solutions concrètes car le métier est de plus en plus exigent et la profession doit être redéfinie et ajustée à un mode de vie social différent d’il y a quelques années. Parallèlement, le métier comme tel, doit aussi répondre à un ensemble de facteurs externes qui se sont intégrés graduellement à l’éducation comme les TIC, l’accès à l’information, le partage des connaissances, etc. Tous procurent des valeurs rajoutées mais obligent à une adaptation et à une réforme fondamentale en éducation ainsi que la remise en question du rôle de la profession d’enseignant.

 

Documents à lire pour en savoir plus à ce sujet :

 

L’insertion professionnelle en contexte de réforme : naviguer à vue pour se bricoler une carrière

Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)
le 11 avril 2005

 

TEXTE DE LA COMMUNICATION PRONONCÉE DANS LE CADRE DES LUNDIS INTERDISCIPLINAIRES

Stéphane Martineau, Annie Presseau, Liliane Portelance
Département des sciences de l’éducation Université du Québec à Trois-Rivières
Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE)
Laboratoire d’analyse de l’insertion professionnelle en enseignement (LADIPE)

 

Les titres de ce document :

Introduction
L’insertion professionnelle : de quoi parle-t-on ?
Un besoin croissant de nouveaux enseignants
Des conditions d’insertion difficiles qui se traduisent par un taux élevé de décrochage de la profession
Un consensus : l’urgence d’agir
Les trajectoires d’emploi
La prise de fonction : un moment difficile.
Les dispositifs actuels pour faire face au problème
Vous avez dit collaboration ?
L’accompagnement par un expert
Les limites de l’accompagnement
L’insertion professionnelle dans l’optique d’une collaboration mutuelle entre novice et expert
Conclusion

Harmonisation entre les conditions gagnantes du colloque et les recommandations du COFPE

 

À télécharger : fichier PDF 147.8 ko, 8 pages.

 « Ce texte propose des liens entre les recommandations faites par le COFPE*  dans son avis sur l’insertion dans la profession enseignante : Offrir la profession en héritage et les conditions gagnantes recueillies dans les ateliers du colloque de mai 2004 tenu à Laval : Pour une insertion réussie : Passons à l’action. »

* COFPE : le Comité d’orientation de la formation du personnel enseignant.

 

 

Ailleurs qu’au Québec :

 

Dans le but de comparer et de voir un peu ce qui se passe ailleurs qu’au Québec, voici un lien Web qui nous fait part de problèmes rencontrés dans les écoles en France.

 

Conférence : Enseigner : Le devoir de transmettre, les moyens d’apprendre

 

Vidéo conférence: Windows Media ou Real Video

Date de réalisation : 02/ 09/ 2000

Philippe Meirieu, professeur en Sciences de l’Éducation à l’Université LUMIERE-Lyon 2, 16, Quai Claude Bernard, 69007 Lyon.

Il est question, entre autres, dans cette conférence de souligner les affrontements d’opinions actuelles que rencontrent les professeurs et leurs élèves dans un système sans arbitrage, où l’élève consent à se plier tout en s’opposant dans une légitimité extérieure à l’école.

Pourquoi l’école? Que devons-nous léguer à nos enfants?

 

Voici le résumé que lui-même donne de sa conférence :

 « En ces temps de crise de la filiation, quand le lien entre les générations est visiblement mis à mal, le maître, de tous côtés, est enjoint de " transmettre ". Et, effectivement, " transmettre " est bien le premier devoir de l’enseignant : l’enfant a, plus que jamais, besoin d’être introduit dans le monde, inscrit dans une histoire. Il ne peut grandir sans maîtriser les langages fondamentaux des hommes, sans intégrer les règles fondatrices de la socialité. Mais l’impératif de la transmission, quand il s’exaspère et perd de vue la spécificité de la relation éducative, peut conduire le maître au bord de l’abîme : dans l’alternative mortifère entre " la fabrication " et " la démission ", entre le passage en force pour quelques-uns et l’exclusion des réfractaires. C’est que l’éducation ne " fabrique " pas mais accompagne l’émergence d’une liberté. Dans ces conditions, la transmission ne peut céder à sa dérive " mécanique "; elle doit échapper au conflit des volontés qui gangrène l’institution scolaire et engendre tensions et violences. L’École ne peut pas concevoir son rôle à la manière d’une " colonisation de l’intérieur ". Mais, elle ne peut pas, non plus, renoncer à son projet de permettre l’accès de tous aux formes universelles de la culture. Enseigner, dans ces conditions, est bien un de ces " métiers impossibles " décrit par Freud. Et, pourtant, c’est une activité quotidienne pour des millions de personnes dans le monde. Activité qui devient envisageable dès lors qu’elle est consciente des contradictions qui la traversent. »

 

Exemple d’aide à l’insertion d’enseignants :

 

http://www.ac-bordeaux.fr/WEB/compedag/nouvenu/index.htm

Exemple d’aide sur un site Web pour faciliter l’insertion de nouveaux enseignants à l’Académie Bordeaux, Éducation Nationale.

 

http://www.ac-bordeaux.fr/WEB/compedag/plan.htm

Plan de la section « Communauté pédagogique »

 

L’ÉCOLE FINLANDAISE

Dans un article de Mario Asselin du 4 mars 2006, intitulé « L’ÉCOLE FINLANDAISE », l’on retrouve une foule de liens vers des pages Web qui font le tour de la question. Comme par exemple :

http://carnets.opossum.ca/mario/archives/2006/03/lecole_finlanda.html

 

 

Éducation en Finlande «Tout le monde veut devenir enseignant» Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal
07/03/2006

Voici deux extraits :

« Au milieu du 18e siècle, lorsque la Finlande faisait partie de l’empire russe, elle a obtenu le droit de développer son propre système d’éducation. Le pays a saisi cette chance, car ça lui permettait d’affirmer son indépendance. »

« Depuis ce temps, les professions reliées à l’éducation ont toujours été très valorisées par la société. »

 

Le modèle finlandais au Québec  « Pas demain la veille! », Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal
09/03/2006

« Même si les écoles de Finlande font rêver les parents d’ici, le Québec ne peut pas se permettre de les imiter, estime le ministre de l’Éducation, Jean-Marc Fournier. »

«Le Québec et la Finlande sont deux sociétés très différentes, fait valoir son attachée de presse, Marie-Claude Lavigne. Là-bas, par exemple, le taux d’immigration est très faible», souligne-t-elle.

 «Des modèles à suivre…»

« Au cours des derniers jours, le Journal a publié une série d’articles qui révélaient les secrets des écoles finlandaises, celles qui produisent les meilleurs élèves de la planète, selon l’OCDE. »

Le pouvoir aux directeurs!

« Malgré les réticences de leurs patrons, les directeurs d’écoles croient que le Québec gagnerait à remettre «le pouvoir de dépenser» entre leurs mains, comme c’est le cas en Finlande. »

Dossier Finlande : les faits saillants

Voir l’énumération des faits et les résultats qu’obtient la Finlande avec son système d’éducation.

 « La Finlande obtient les meilleurs résultats de la planète en lecture, mathématiques, résolution de problèmes et sciences au classement établi par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). »

Collaboration entre entreprise, école et WebEx University program

Publié 10 mars 2006 par ginettelavigne

L’ ECP, École Centrale Paris, adopte les cours interactifs sur le Web, dans le cadre du WebEx University program

 

 

Webconférence entre étudiants et experts:

Des étudiants ingénieurs de Centrale Paris pouvaient participer à un cours concentré sur une semaine utilisant le service de réunions sur le Web de WebEx. En mars 2005, une vingtaine d’étudiants ont ainsi suivi le cours de « Conception intégrée d’une ligne de lumière synchrotron » en utilisant un service de travail collaboratif synchrone permettant d’interagir en direct avec des experts.

 

L’organisation logistique du cours:

« L’organisation logistique du cours a ainsi seulement nécessité deux salles de cours, l’installation d’un PC avec une connexion Internet haut débit, un vidéo-projecteur, et le matériel nécessaire à la conception d’une partie d’un synchrotron. A tour de rôle les 4 groupes de 5 à 6 élèves ont pu au cours de la semaine se réunir sur le web en réunions WebEx 30 minutes chaque jour, et de façon ponctuelle, avec les experts situés en France et aux Etats-Unis, et partager avec eux des tableaux blancs virtuels, des documents Word, et une application de CAO (CATIA V5). La sécurité des échanges était garantie par WebEx qui utilise son propre réseau mondial sécurisé commuté, le réseau Mediatone, pour transmettre les données sous forme vectorisée et cryptée. »

 

Les objectifs de ce travail collaboratif :

  • Permettre une approche pluridisciplinaire d’un projet industriel facilitée par les nouvelles technologies
  • Permettre à l’École de transmettre à ses étudiants les outils et méthodes pour apprendre à écouter et comprendre les autres dans un contexte multiculturel (des experts basés au Japon interviendront lors de la session 2006 du cours « synchrotron ».)

 

Lire la suite de l’article  http://www.webex.com/fr/pr/pr_fr21.html de Séverine Godet pour connaître la préparation qui a précédé les étapes du projet, ses difficultés et son évolution au cours des années 2004 – 2005.

 

 

Le WebEx University Program est un « package » que fournit la compagnie WebEx Communications Inc, adapté au monde de l’éducation comprenant la formation et un tarif promotionnel. La compagnie est un leader des services de réunions et conférences sur le Web.

 

 

L’École Centrale Paris s’est donnée pour mission de former des ingénieurs capables de prendre en charge, au sein des entreprises, le développement des applications industrielles nées des découvertes scientifiques. Elle se veut donc l’École des entreprises, une collaboration avec elles est, de ce fait, devenue indispensable à son projet éducatif.

 

 

C’est un bon exemple de collaboration entre la compagnie qui fournit de façon abordable le service de webconférence (l’outil du travail collaboratif), les experts coopérant  à distance avec les étudiants ingénieurs qui appliquent leurs découvertes et l’école qui agit comme intermédiaire offrant cette possibilité. Très satisfaite, cette dernière répétera d’ailleurs l’expérience en 2006.

Les TIC, l’enseignement et la notion de compétence

Publié 8 mars 2006 par ginettelavigne

Une série d’auteurs, des professeurs, enseignants ou formateurs, psychologues, maîtres de conférences, directeurs ou chargés d’études, … ont écrit des articles, cela a donné le livre en ligne  : Apprendre autrement aujourd’hui ?

 

Consultation du livre en ligne ou téléchargement de son contenu:

 

Apprendre autrement aujourd’hui ?


Introduction de Jacky Beillerot
Professeur en sciences de l’éducation, université Paris-X-

 

Un livre en ligne Apprendre autrement aujourd’hui ?  qui est issu des 10e Entretiens de la Villette qui se sont déroulés du 24 au 26 novembre 1999, dans le cadre de l’exposition
de la Cité des sciences et de l’industrie « Désir d’apprendre » (23 novembre 1999 – 23 avril 2001).

 

Consultation des chapitres :

Introduction

Comment apprend-on ?

Savoirs et compétences

Nouveaux temps, nouveaux lieux, nouvelles manières d’apprendre

Une école ouverte sur le monde

Pourquoi apprendre ?

Conclusion

 

Note : Il est possible de consulter en ligne ou de télécharger (doc : Word) des textes individuels parmi les chapitres

 

Dans le chapitre Nouveaux temps, nouveaux lieux, nouvelles manières d’apprendre, il y a un texte qui a retenu plus spécialement mon attention:

 

Technologies de l’information et de la communication : vers une virtualisation de l’enseignement ?
Texte de Jean-Marie Sani
Directeur de la médiation, Cité des sciences et de l’industrie

 

Voici brièvement le sommaire que j’ai fait de ce chapitre en espérant respecter la pensée et les propos de l’auteur:

 

Il est dit dans cet article que les TIC sont le résultat de la convergence de trois technologies :

 

·          l’informatique

·          les télécommunications

·          l’audiovisuel

 

« Internet a aujourd’hui concrétisé la convergence informatique-télécommunications, la jonction avec l’audiovisuel est en cours et ne saurait tarder malgré les limitations techniques qu’elle rencontre actuellementNous nous trouvons ainsi face à un nouveau mode de communication qui, par la quantité d’informations qu’il rend disponible et la variété de ses sources, pose des problèmes aux enjeux éducatifs considérables. »

 

À l’heure de l’abondance de l’accès à des ressources tels que le permettent les TIC et Internet, il devient important d’être capable de sélectionner l’information, la critiquer et apprendre à en vérifier les sources. De ce fait, face à ce nouveau mode de communication produisant des quantités énormes et une variété considérable de sources d’informations, de nouveaux problèmes se posent nécessairement en milieu éducatif.

 

Les TIC peuvent jouer trois rôles différents en matière d’éducation et de formation.

 

·          Dans la formation à distance en donnant accès à des disciplines rares ou en permettant le déploiement de la formation en régions éloignées

·          Dans la vie professionnelle où il devient essentiel de maîtriser la technique afin d’acquérir un savoir-faire et l’autonomie

·          À l’école comme outils servant à atteindre un objectif pédagogique comme tout autre support traditionnel le fait en général


En complément d’autres outils, les TIC permettent de poursuivre trois grands types d’objectifs traditionnels de l’école.

 

·          Recherche de l’information

·          Rédaction de synthèses

·          Apprendre à communiquer et travailler à distance

 

Il faut cependant faire attention de considérer les TIC comme des outils d’enseignement parmi tant d’autres et ne pas leurs consacrer la majorité du budget de fonctionnement des établissements scolaires. Les TIC ne doivent pas remplacer tous les outils traditionnels non virtuels et les autres supports de l’information.

 

« On sait aujourd’hui que vivre en permanence dans un univers virtuel peut entraîner des troubles psychologiques de la relation au réel. »

L’appropriation des TIC par les enseignants se révèle difficile pour certains d’entre eux, de plus, il s’établit souvent une compétition avec l’élève. Il faut se rappeler que la spécificité de l’enseignant, c’est avant tout la maîtrise de l’utilisation pédagogique de l’outil et non sa maîtrise technique.

 

La question du remplacement de l’enseignant par la machine ne se pose même pas!

 

« Car aucun système automatique, « moteur de recherche » ou « agent intelligent », ne peut éviter l’intermédiation par l’homme du rapport entre l’apprenant et la source d’information. »

 

Pour l’instant des compétences spécifiques à l’enseignant sont irremplaçables :

 

– concevoir le déroulement de l’activité d’apprentissage et individualiser le parcours ;
– formuler le questionnement de manière opératoire ;
– conduire une méthode de recherche permettant aux élèves d’acquérir les outils   méthodologiques et assurer une vision critique des résultats ;
– reformuler et synthétiser ;
– maîtriser partiellement des contenus ;
– effectuer certains types d’évaluation ;
– fonder la relation pédagogique sur une éthique relationnelle.

 

Voici un passage dans le texte des plus intéressants qui résume en quelque sorte le nouveau rôle que l’enseignant sera appelé à jouer avec l’avènement des TIC:

 

« Dans un nouveau schéma, catalysé par l’arrivée des TIC, la connaissance n’est plus le monopole de l’enseignant : l’information se désincarne, se dissocie de l’enseignant et constitue un troisième acteur dans le dispositif. Cette présence des trois acteurs — enseignant, apprenant et source d’information — bouleverse complètement le schéma relationnel habituel : l’information circule plus facilement et de manière plus équilibrée entre enseignant et apprenant, la plus-value de l’enseignant est plus fondamentalement méthodologique et les interactions entre apprenants sont plus nombreuses. »

On sait que la gestion du changement par le système, tant sur le plan économique qu’organisationnel rencontrera aussi des résistances, citons, par exemple, juste les coûts considérables d’investissement pour équiper les établissements scolaires. Cependant, même si l’intégration des TIC dans le système éducatif peut s’avérer long et dérangeant du point de vue organisationnel, il s’agira pour les enseignants de toujours se recentrer sur leurs compétences, qui elles, ont évolué en même temps que la société.

 

« Il s’agira plus encore que par le passé d’aider l’élève à devenir critique, efficace et autonome face à la quantité d’informations disponibles. »

Et enfin, pour une « juste place » des TIC : l’assimilation.

 

« Les TIC auront trouvé leur place dans le système éducatif lorsque les enseignants auront appris à les utiliser, mais surtout à en maîtriser l’intérêt pédagogique, et quand elles occuperont une place comparable, complémentaire de tous les autres outils que l’école utilise déjà. »

 

Ma conclusion personnelle:

 

Bien que ce texte ait été écrit aux environs des années 2000, il nous démontre l’importance du rôle qu’occupera de plus en plus les TIC en éducation, soit la production expansive de la quantité d’informations rendue disponible grâce à eux et à l’usage de l’Internet. Un bouleversement organisationnel est inévitable, non seulement dans le système éducatif mais dans le rôle différent qu’auront à jouer les enseignants. Ils devront assimiler les TIC, s’en servir comme outil pédagogique, au même titre que les autres supports d’informations. Ils devront aussi faire face à la compétition des élèves qui les dépassent bien souvent en technologie. Ils sont donc appelés à utiliser leurs compétences pédagogiques, à en développer d’autres pour apprendre à gérer ces masses d’informations qui s’ingèrent fatalement dans le système établi.

 

En ce qui concerne les compétences, lire à ce sujet le chapitre : Savoirs et compétences

 

Plus spécifiquement lire le texte de Prisca Kergoat, attachée temporaire d’enseignement et de recherche à l’université d’Évry Val d’Essonne ; doctorante à « Travail et mobilités  », Paris-X-Nanterre:

 

SAVOIRS, QUALIFICATIONS, COMPÉTENCES :
ENJEUX POUR L’ENTREPRISE, ENJEUX POUR L’ÉCOLE

 

 

En résumé, voici à peu près ses propos :

 

Le mot compétence n’est pas nouveau, c’est la notion ou la place centrale qu’elle occupe aujourd’hui dans les discours et les pratiques qui est nouvelle, particulièrement dans l’entreprise et à l’école.

 

L’auteure retrace un peu la provenance de cette notion qui est venue avec les premières réflexions sur la formation professionnelle continue des années 50 et montre comment la notion de compétence est entrée dans la définition de la formation, elle cite : Raymond Vatier (1958) : [1]

 

« On peut dire que la formation est l’ensemble des actions propres à maintenir l’ensemble du personnel individuellement et collectivement au degré de compétence nécessité par l’activité de l’entreprise. Cette compétence a trait aux connaissances, aux aptitudes, à la volonté de travailler de chaque personne et de chaque groupe. La compétence est la conjonction heureuse de ces trois termes : connaissances, aptitudes, bonne volonté. Cette compétence n’est jamais définitivement acquise, elle est menacée, elle est toujours à reconquérir et cette reconquête doit se faire parce que le poste change par suite de l’évolution technologique. »

 

[1] Promoteur de la formation en entreprise et personnalité pionnière de la loi de 1971 sur la formation professionnelle continue.

 

Cette définition s’appuie sur trois registres cognitifs : la connaissance (le « savoir »), l’aptitude (le « savoir-faire »), et la bonne volonté (le « savoir-être »).[2]

 

[2] Ces réflexions s’inspirent des analyses proposées dans :
– Roppé F., Tanguy L. (sous la dir.),
Savoirs et compétences, L’Harmattan, Paris, 1994, p. 243 ;
– Tanguy L., « Définitions et usages de la notion de compétence »,
in Suppiot A. (sous la dir.), Le Travail en perspective, LGDJ, « Droit et société », 1998, p. 545-562. (Voir le texte et la provenance de la citation originale)

 

La notion de compétence apparaît dans les textes officiels de l’Éducation nationale dans les années 80 et dans le monde des entreprises en 1990, avec une période marquée par :

 

·          la crise de l’emploi

·          la recherche de nouveaux modèles de production

·          la désyndicalisation

·          l’institutionnalisation de la formation continue

·          la remise en cause de la qualité de l’éducation dispensée par l’école

 

Avec la venue d’un très grand nombre de diplômés sur le marché du travail (80% d’une génération au baccalauréat, une politique dans le but d’endiguer le chômage), cela a conduit l’Éducation nationale à rechercher de nouveaux modes de rationalisation des savoirs pour mettre en correspondance étroite offre de formation et offre d’emploi. L’idée selon laquelle la transmission des connaissances n’est plus le monopole de l’Éducation nationale conduit celle-ci à s’ouvrir sur son environnement et par le fait même à créer:

 

·          des bacs professionnels,

·          des stages en entreprises,

·          des formations en alternance, en particulier par l’introduction de l’apprentissage dans les grandes entreprises.

 

« Aux notions de « qualification » dans le monde du travail, et de « savoirs disciplinaires [3] » dans le domaine de l’éducation, est désormais préférée celle de « compétence ». Cette préférence mérite que l’on s’y arrête, car si tout le monde s’accorde à reconnaître que la notion de compétence (qui recouvre donc savoirs, savoir-faire et savoir-être) se situe entre connaissance et action, l’inflation de ses usages ne permet pas de l’enfermer dans une définition. Notion empirique, la compétence renvoie à un vocabulaire non stabilisé : elle est utilisée indifféremment comme équivalent à « capacités », « aptitudes » ou « habiletés »… Malgré sa polysémie, elle connote un ensemble de changements intervenus dans des domaines scientifiques (psychologie, linguistique, économie, sociologie), mais également dans le monde du travail et de l’éducation. »


[3] La notion de « savoir disciplinaire » fait référence à un corps de connaissances construit ou en train de se construire.

 

Il faut lire la suite de ce texte pour en comprendre les subtilités en ce qui concerne l’ajustement nécessaire des ententes entre les entreprises et les écoles pour bien définir ce que l’on veut produire comme compétence.

 

Voici quelques citations, des passages significatifs que j’ai prélevés dans ce texte : SAVOIRS, QUALIFICATIONS, COMPÉTENCES : ENJEUX POUR L’ENTREPRISE, ENJEUX POUR L’ÉCOLE

 

 

Des savoirs à la compétence

« Que ce soit par le biais de référentiels ou d’objectifs de référence, cette tentative de rationalisation du savoir conduit à ne plus définir les programmes à partir de savoirs disciplinaires mais à partir des situations que les élèves devront être en mesure de maîtriser. »

 

De la qualification à la compétence 

« Tout se passe comme si les compétences, ensembles de propriétés individuelles et instables, devant constamment être (re)mises à l’épreuve, s’opposaient à la qualification mesurée par le diplôme, titre acquis une fois pour toutes. »

« Savoir-être » : des critères de jugements subjectifs

« La décomposition des savoir-être montre que la notion peut tout aussi bien recouvrir des jugements sur ce que la psychologie nomme des « attitudes » (disposition psychologique stable, résistante aux changements, exprimant la structure latente de la personnalité) que des comportements (ensemble de réactions directement observables, découlant des attitudes : expressions, gestuelles, prises de position…). Bien qu’utilisées dans l’évaluation des savoir-être, ces notions ne sont pas clairement distinguées. »

 

Savoir-être et citoyenneté : une restauration de la discipline au travail et à l’école ?

« En effet, d’un côté l’école enseigne les valeurs et les connaissances civiques nécessaires à l’exercice de la démocratie, et de l’autre, elle ne donne pas les moyens aux élèves de l’exercer en son sein : en optant pour un modèle contractuel de régulation des comportements, l’école ne favorise pas, peut-être à tort, les expressions collectives de résistance et de participation à la vie scolaire. »

 

La compétence : vers une recomposition des formes de régulation ?

« Compte tenu de ce qu’est devenu le marché de l’emploi, les diplômes, bien que constituant toujours une référence incontournable, ne suffisent plus à différencier et à départager les candidats. Ceux-ci sont alors invités à démontrer et à valoriser leurs connaissances en situation. Ce sont donc aujourd’hui les entreprises qui, aux côtés de l’Éducation nationale, définissent et valident ces propriétés nommées « compétences », ce qui les conduit à devenir de véritables agents de formation : école et entreprise entrent dans des rapports de concurrence de plus en plus manifestes. »
… «  Dans tous les cas de figures, le glissement opéré entre discipline d’une part et savoir-être ou citoyenneté de l’autre démontre, si nécessaire, que, plus que le travail ou les savoirs, c’est tout un système social de régulation qui tend à être ébranlé. »


En conclusion :

 

Personnellement, ce que je constate, c’est que la suffisance de connaissances jadis maîtrisées par un professeur ne fait plus partie d’un tout global mais d’une partie seulement de sa compétence. Ce dernier est alors appelé à jouer un rôle d’intervenant social aussi bien qu’éducateur pour fournir à l’entreprise des gens capables de coopérer, d’aller chercher des informations et d’être en mesure de les gérer de façon compétente. De leur côté, les entreprises doivent  être capables d’évaluer le plus conformément possible les candidats afin de choisir ceux qui correspondent le plus aux attentes futures d’un type de travail appelé à évoluer dans le temps en fonction d’une collaboration entre individus. Les résultats sont donc très imprévisibles, et de ce fait, l’évaluation du candidat aussi. Dans la notion de compétence qui englobe : savoirs, savoir-faire et savoir-être, qui, de plus, se situe entre connaissance et action, donc mobile dans le temps et impalpable, il y a donc une impossibilité de définition d’un point de vue statique. Une notion également qui se manifeste et se détermine dans l’action continuelle en fonction des aptitudes et de la volonté des participants. De là, tout le dilemme au sujet d’une nouvelle définition de la compétence.

 

Les TIC ont quand même été à l’origine de cette manifestation d’une multitude de savoirs au service des intervenants en entreprises comme en éducation d’ailleurs. Les enseignants n’ont pas le choix de les inclure dans leur pédagogie, il reste cependant beaucoup d’efforts à fournir afin de se les approprier dans le sens où l’on pourra parler d’une gestion de connaissances intégrée au sein d’une formation dans le but de façonner des gens compétents dans un milieu de travail évolutif et coopératif.